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Cancer : La SATT Aquitaine investit dans une approche théranostique pour mieux diagnostiquer et traiter les cancers agressifs

Rédigé par Admin_AST | 20/05/26 08:17

Avril 2026 – La SATT Aquitaine soutient le développement d’une innovation médicale prometteuse issue de la recherche bordelaise. Ce projet a pour ambition d’améliorer à la fois le diagnostic et le traitement de cancers particulièrement agressifs, comme le cancer du pancréas, à l’aide d’une approche innovante appelée théranostique. Porté par le Pr Clément Morgat, PU-PH à l’Université de Bordeaux et praticien au CHU de Bordeaux, ce projet vise à développer un médicament radiopharmaceutique (MRP) ciblant un récepteur de type neuropeptide, une cible prometteuse dans des cancers de très mauvais pronostic.

Une innovation au croisement de la médecine nucléaire et de la médecine personnalisée

Le cancer du pancréas représente aujourd’hui un véritable défi de santé publique. En 2022, plus de 510 000 nouveaux cas ont été recensés dans le monde. Il s’agit de l’un des cancers les plus redoutables, notamment parce qu’il est souvent détecté tardivement et qu’il existe peu de traitements réellement efficaces une fois la maladie avancée. Les patients se retrouvent alors fréquemment sans solution thérapeutique satisfaisante.

Pour ces cancers à mauvais pronostic, la théranostique ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques. Cette approche innovante repose sur l’utilisation d’une même cible biologique pour, d’abord, localiser précisément la tumeur grâce à l’imagerie médicale, puis traiter spécifiquement les cellules cancéreuses. En pratique, le patient reçoit un médicament qui émet un faible signal radioactif. Celui‑ci permet d’abord aux médecins de visualiser la tumeur (imagerie nucléaire), puis, dans un second temps, de délivrer une radiothérapie ciblée directement au cœur des cellules malades via la radiothérapie interne vectorisée (RIV).

Porté par le Pr Clément Morgat, rattaché à l’Institut des Neurosciences Cognitives et Intégratives d’Aquitaine (INCIA – université de Bordeaux / CNRS) et au service de médecine nucléaire du CHU de Bordeaux, le projet s'appuie sur plus de 10 années de recherche en lien avec l'Institut des Biomolécules Max Mousseron (IBMN - Université de Montpellier, CNRS, ENSCM). Il repose sur une approche théranostique innovante ciblant les récepteurs fortement présents à la surface des cellules tumorales de certains cancers agressifs (cancer du pancréas, cancer du sein triple négatif, certains cancers du poumon, cancer du côlon), tout en étant peu exprimés dans les tissus sains. Cette particularité est déterminante car elle permet au médicament de se fixer préférentiellement sur les cellules cancéreuses, assurant ainsi une concentration élevée et durable du traitement dans la tumeur, une diffusion rapide de l’effet thérapeutique, tout en limitant l’exposition des tissus sains et donc les effets indésirables.

Un investissement pour franchir des étapes clés

Pour accompagner cette innovation jusqu’aux premières étapes cliniques, la SATT Aquitaine engage un investissement global de 615 000 €, incluant 80 000 € dédiés à la propriété intellectuelle, dans un programme de maturation. Il permettra une première étude clinique d’imagerie de phase I afin d’évaluer la sécurité, le comportement biologique, et la spécificité de la captation, d’identifier les patients éligibles et de sélectionner trois composés thérapeutiques à évaluer pré-cliniquement in vitro et in vivo.

L’enjeu du programme de maturation réside au préalable dans la réalisation des études de toxicologie réglementaire et la production du radiopharmaceutique selon les standards GMP (Good Manufacturing Practice), étapes indispensables à la soumission du dossier d’essai clinique et à la poursuite du développement thérapeutique.

L’ambition est de proposer, à terme, une prise en charge intégrée et personnalisée, couvrant à la fois le diagnostic et le traitement pour des patients atteints de cancers aujourd’hui très difficiles à traiter, ouvrant la voie à des applications dans d’autres cancers exprimant les récepteurs de type neuropeptide.

Pour plus d'informations contactez Anne-Lise JOLLY