Matériaux biosourcés : Transformer un sous produit de l’industrie papetière en carbone de haute valeur

Mai 2026 – La SATT Aquitaine investit 260 795 € dans le projet B‑BioCarbon, issu des travaux de recherche du Centre de Recherche Paul Pascal (CRPP – Université de Bordeaux, CNRS). Porté par le professeur Renal Backov, ce projet ambitieux vise à transformer la liqueur noire kraft, principal sous‑produit de l’industrie papetière, en matériaux carbonés biosourcés de haute valeur ajoutée, destinés à des marchés industriels premium.

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Répondre à la transition écologique et aux enjeux de souveraineté par la valorisation de coproduits industriels

Dans un contexte marqué par les tensions sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, la dépendance aux ressources fossiles importées et l’accélération de la transition écologique, la souveraineté industrielle et matérielle constitue un enjeu stratégique majeur pour la France et l’Europe. Le marché des matériaux carbonés avancés connaît ainsi une croissance soutenue, portée par les besoins des secteurs de l’énergie, de l’électronique, des polymères techniques et de l’environnement, tout en illustrant fortement cette dépendance aux matières premières critiques. Face à ces enjeux, la revalorisation de coproduits industriels à grande échelle s’impose comme un levier stratégique majeur.

La liqueur noire kraft est le principal sousproduit du procédé de fabrication du papier kraft. Ce procédé, basé sur l’utilisation de solutions alcalines, permet de séparer la cellulose (composant clé du papier) de la lignine et de l’hémicellulose du bois. Ces deux composés « déchets » dissous se retrouvent dans une solution aqueuse foncée et concentrée, appelée liqueur noire. Ce résidu est aujourd’hui majoritairement concentré puis brûlé dans les papeteries afin de produire de l’énergie. Si cette pratique contribue à l’autonomie énergétique des sites, elle génère néanmoins des émissions significatives de gaz à effet de serre et ne permet pas de capter le plein potentiel matière de ce de ce coproduit riche et renouvelable.

Une rupture technologique pour des carbones biosourcés premium

Le projet BBioCarbon, repose sur les travaux de recherche du professeur Renal Backov (CRPP – Université de Bordeaux, CNRS), et propose une voie technologique entièrement nouvelle pour la production de carbones fonctionnels biosourcés. Il repose sur la transformation de la liqueur noire en matériaux carbonés de haute valeur, présentant des propriétés structurelles distinctes de celles des carbones actuels, qu’ils soient fossiles ou issus de l’économie circulaire.

À la différence des approches dominantes du marché, cette technologie, protégée par trois brevets, s’appuie sur une ressource biogénique renouvelable, disponible à grande échelle et homogène. Elle permet ainsi de produire un carbone potentiellement beaucoup moins impactant sur le plan environnemental, tout en offrant une excellente scalabilité industrielle.

Ces matériaux ouvrent l’accès à des marchés premium à forte valeur stratégique, tels que les batteries et systèmes de stockage d’énergie, les polymères techniques, les adsorbants et les matériaux fonctionnels avancés. En s’appuyant sur une biomasse industrielle déjà produite en France, BBioCarbon ambitionne de contribuer à la relocalisation de la production de matériaux carbonés avancés, renforçant la souveraineté matérielle nationale, sécurisant l’accès à des intrants critiques et réduisant la dépendance aux marchés internationaux et aux ressources fossiles.

La SATT Aquitaine investit pour sécuriser l’industrialisation et la création de start‑up

La SATT Aquitaine investit 260 795 € (dont 50 000 € dédiés à la propriété intellectuelle) dans la maturation technico-économique de ce projet, sur une durée de 18 mois. Les objectifs sont de monter en échelle la technologie selon des standards industrialisables, de valider la pertinence environnementale de la solution via une analyse du cycle de vie comparative, tout en travaillant au verdissement du procédé et à la diversification des sources de liqueur noire, enfin de réaliser une étude technico‑économique approfondie afin de confirmer la "startuptabilité" du projet et structurer l’équipe entrepreneuriale.

In fine, la création d’une start‑up dédiée est envisagée. Elle bénéficiera d’une licence exclusive pour l’exploitation de la technologie et sa mise sur le marché. L’incubateur deeptech Chrysa-link jouera un rôle clé dans cette dynamique entrepreneuriale, en accompagnant les futurs entrepreneurs via son dispositif d’accompagnement et son programme « Boosters », conçu pour sécuriser la montée en compétences opérationnelles et stratégiques de l’équipe.


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